C'est avec enthousiasme et espoir que j'installe aujourd'hui un groupe de travail sur la médiation à la Cour d'appel de Paris. Je vous remercie d'avoir accepté d'y participer. Votre compétence, l'investissement de chacun d'entre vous dans ce domaine sont les meilleurs garants pour assurer la réussite des travaux que j'entends vous confier et dont l'objet principal est la promotion et le développement significatif de la médiation au sein de la Cour d'appel de Paris.
La tâche est immense au regard de l'état des lieux sur le ressort de la Cour la médiation étant loin d'avoir connu le succès escompté par mes prédécesseurs, Messieurs Canivet et Coulon qui pourtant n'ont pas compté leurs efforts pour en favoriser l'essor.
C'est une vraie interrogation que celle du succès mitigé de ce mode alternatif de règlement des conflits qui apporte un peu d'humanité dans un déroulement parfois kafkaïen des procédures alors même que l'ensemble des professionnels de la justice s'accorde à en saluer les mérites. Ainsi, madame la ministre de la justice elle-même ne vient-elle pas de déclarer lors de l'installation du groupe de travail sur le contentieux présidé par M. Guinchard "que les recours à la conciliation et à la médiation doivent être encouragés et que le règlement amiable des différends est à privilégier chaque fois que possible"?
Le temps n'est donc plus à discourir sur les mérites de la médiation ni à en expliquer la technique. C'est désormais vers l'action concrète que nous devons tendre nos efforts afin que la médiation judiciaire devienne un mode habituel de règlement des conflits. C'est pourquoi j'attends de vos travaux qu'ils se concrétisent par l'élaboration d'un guide de bonnes pratiques de la médiation judiciaire, d'un plan d'action d'envergure sur le ressort de la Cour, des suggestions pouvant être transmises à la chancellerie pour ce qui dépasse notre champ de compétence. Un colloque pourrait également clôturer ces travaux.
Votre réflexion pourra s'orienter autour de quatre grands thèmes qui pourront faire chacun l'objet d'une séance de travail.
La première pourrait être consacrée à un état des lieux de la médiation, un état des lieux sur le droit positif en la matière qui pourrait être confié à M. le professeur Jarrosson et un état des lieux des pratiques sur le ressort de la Cour qui permettrait de dégager un guide de bonnes pratiques.
Comment choisir les dossiers pour lesquels une mesure de médiation semble utile? Qui doit participer au choix de ces dossiers? A quel stade de la procédure? Dans quels domaines? Comment proposer la mesure de médiation ? Quel discours tenir aux parties afin de les convaincre à accepter une mesure de médiation. Voilà quelques questions auxquelles ce guide de bonnes pratiques pourrait répondre.
La deuxième pourrait avoir comme objet l'examen du droit comparé en �� ťȌ뇐ヺ��툄ミ놠ヺ
ǯ���⊜ベ��툈ӫ����������俴ӫ ĒȈ��퇤ӫ튨ӫӫ�����Ă》ėȈ툰ミ
ǯ�����틌ӫ퉘ӫ ĘȌ뇐ヺ��툄ミ놠ヺ
ǯ���⊜ベ��튠ӫ����������念 āȈ��퉼ӫ䒨ӫ툐ӫ�������ĊȈ �groupe�ޓ풼ӫﰋナ怄Ȁ䕠ӫӫčȈ퇀ӫmgorry@wanadoo.fr�ķȊ퇀ӫmyriam gorry��ĸȌ퇀ӫ��⮁ꐟꎾᤐ溝༁ɔ�老myriam gorry�SMTP�mgorry@wanadoo.fr���ĪȈ퇀ӫmgorry@wanadoo.fr�Ĭȍ퇀ӫ䵓偔䴺佇剒䁙䅗䅎佄⹏剆���ǑȊ퇀ӫmyriam gorry��ǚȌ퇀ӫ��⮁ꐟꎾᤐ溝༁ɔ�老myriam gorry�SMTP�mgorry@wanadoo.fr��� DŽȈ퇀ӫmyriam gorry � DzȈ��卤Ǹ햨ӫ勠Ǹ�����횬ӫǷȈ툰ミ
ǯ���¦��헌ӫ하ӫ ǸȌ뇐ヺ��툄ミ놠ヺ
ǯ���⊜ベ��햠ӫ������������ ǡȈ��핼ӫӫ픐ӫ����흼ӫĂǪȈ�.��ǩȈ툰ミ
ǯ���§��「ӫ혈ӫ ƒȔ뇐ヺ��툄ミ놠ヺ
ǯ���⊜ベ��ӫ�����������﷼�� ƘȎ픈ӫm.szafran@journal-marianne.com���� ƆȎ픈ӫm.szafran@journal-marianne.com���� ƌȎ픈ӫm.szafran@journal-marianne.com���� ƺȈ픈ӫ䵓偔䴺匮䅚剆乁䩀問乒䱁䴭剁䅉乎⹅佃MƼȎ픈ӫ��⮁ꐟꎾᤐ溝༁ɔ�送m.szafran@journal-marianne.com�SMTP�m.szafran@journal-marianne.com����ŖȎ픈ӫ��⮁ꐟꎾᤐ溝༁ɔ�送m.szafran@journal-marianne.com�SMTP�m.szafran@journal-marianne.com���� ňȎ픈ӫm.szafran@journal-marianne.com���� ŶȊ픈ӫSMTP�� ŵȎ픈ӫm.szafran@journal-marianne.com���� ţȎ픈ӫ��⮁ꐟꎾᤐ溝༁ɔ�送m.szafran@journal-marianne.com�SMTP�m.szafran@journal-marianne.com���� ĕȎ픈ӫm.szafran@journal-marianne.com���� ăȈ腀Ƕcatherine.metadieu@justice.fr� Ĉȍ腀Ƕ��䋾પ윘ယ藨攋␜��������ា鼚ꨶ䵜Ꞧដᮝム٤ ��� ĶȎ腀ǶCatherine METADIEU���� ĹȈ腀Ƕcatherine.metadieu@justice.fr� ĦȊ腀ǶSMTP�� ĥȍ腀Ƕ��䋾પ윘ယ藨攋␜��������ា鼚ꨶ䵜Ꞧដᮝム٤ ��� ǓȌ腀ǶCatherine METADIEU ���ǂȈ툰ミ
ǯ���� �瀜ǻӫ LJȌ뇐ヺ��툄ミ놠ヺ
ǯ���⊜ベ��ӫ����������짨ө njȈ��ӫӫ毐Ǹ����窀Ǽ笰ǼDZȈ툰ミ
ǯ��� ��櫬Ǹӫ ǺȌ뇐ヺ��툄ミ놠ヺ
ǯ���⊜ベ��ӫ����������ፐǻ ǣȈ��ӫ䶀ӫӫ����湘Ǹ漈ǸǤȐ툰ミ
ǯ�����歜Ǹ䴰ӫ䝀Ӫ䥸өǮȊӫsecretariat.mdf.ca-p��ƑȊӫCA-PARIS/MDF/SECRETARIAT��ƙȎӫEX���� ƜȊӫ��졀䋀ᨐ릴⼫苡���伯䨽单䥔䕃伯㵕䅐ⵌ䅐䥒⽓乃刽䍅偉䕉呎⽓乃匽䍅䕒䅔䥒呁䴮䙄䌮ⵁP� ƉȈӫ/O=Justice/OU=PAL-PARIS/cn=Recipients/cn=secretariat.mdf.ca-p� ƾȋӫ塅⼺㵏啊呓䍉⽅問倽䱁倭剁卉䌯㵎䕒䥃䥐久協䌯㵎䕓剃呅剁䅉⹔䑍⹆䅃倭�� ƤȊӫCA-PARIS/MDF/SECRETARIAT�� ƬȊӫ��졀䋀ᨐ릴⼫苡���伯䨽单䥔䕃伯㵕䅐ⵌ䅐䥒⽓乃刽䍅偉䕉呎⽓乃匽䍅䕒䅔䥒呁䴮䙄䌮ⵁP� řȌӫsecretariat.mdf.ca-paris@justice.fr��� ńȎӫ01.44.32.51.51����ŎȊӫCA-PARIS/MDF/SECRETARIAT �� ŸȌ뇐ヺ��툄ミ놠ヺ
ǯ���⊜ベ��㤈Ԇ����������ӫ šȈ�.���㤀ŤȈ툰ミ
ǯ���/��ӫӫ ũȌ뇐ヺ��툄ミ놠ヺ
ǯ���⊜ベ��ӫ����������㧾 ĖȈ��ӫӫ㤐Ԇ��������ěȈ�.���忶ĞȈ툰ミ
ǯ���0��㯌ӫ㮀ӫăȈ��㮤ӫ㱘ӫӫ����ﰋナ怄Ȁ㳠ӫ窨ǻĊȊӫMarie-Odile.Bertella�� čȊӫ��졀䋀ᨐ릴⼫苡���伯䨽獵楴散伯㵕䅐ⵌ䅐䥒⽓湣刽捥灩敩瑮⽳湣䴽牡敩伭楤敬䈮牥整汬a� ľȊӫBERTELLA-GEFFROY Marie-Odile�� ħȎӫEX����ĪȈӫ/O=Justice/OU=PAL-PARIS/cn=Recipients/cn=Marie-Odile.Bertella� Ǜȋӫ塅⼺㵏啊呓䍉⽅問倽䱁倭剁卉䌯㵎䕒䥃䥐久協䌯㵎䅍䥒ⵅ䑏䱉⹅䕂呒䱅䅌�� ǁȊӫBERTELLA-GEFFROY Marie-Odile�� ǎȌӫMarie-Odile.Bertella-Geffroy@justice.fr��� ǺȌӫmarie-odile.bertella-geffroy@justice.fr��� ǦȊӫ��⮁ꐟꎾᤐ溝༁ɔ�送marie-odile.bertella-geffroy@justice.fr�SMTP�marie-odile.bertella-geffroy@justice.fr�� ƜȊӫ��졀䋀ᨐ릴⼫苡���伯䨽獵楴散伯㵕䅐ⵌ䅐䥒⽓湣刽捥灩敩瑮⽳湣䴽牡敩伭楤敬䈮牥整汬a� ƉȊӫBERTELLA-GEFFROY Marie-Odile �� ƸȌ뇐ヺ��툄ミ놠ヺ
ǯ���⊜ベ��ӫ����������� ơȈ��ӫӫӫ����ɐí 㩀ƪȈ툰ミ
ǯ��� � �埬Ǽӫ ƯȌ뇐ヺ��툄ミ놠ヺ
ǯ���⊜ベ��ӫ����������。 ŔȈ��ӫ툐ӫӫ������†�řȈ툰ミ
ǯ�����|ӫ퇀ӫȀ티ӫӫŀȊӫmhajdenberg@20minutes.fr��ňȊӫmhajdenberg@20minutes.fr��ŰȎӫ䵓偔䴺䅈䑊久䕂䝒㉀䴰义呕卅䘮R���źȎӫ��⮁ꐟꎾᤐ溝༁ɔ�送mhajdenberg@20minutes.fr�SMTP�mhajdenberg@20minutes.fr����ũȎӫ��⮁ꐟꎾᤐ溝༁ɔ�送mhajdenberg@20minutes.fr�SMTP�mhajdenberg@20minutes.fr����ĜȊӫmhajdenberg@20minutes.fr��ĄȊӫSMTP��ċȊӫmhajdenberg@20minutes.fr��ijȎӫ��⮁ꐟꎾᤐ溝༁ɔ�送mhajdenberg@20minutes.fr�SMTP�mhajdenberg@20minutes.fr�">la matière. Le système canadien dont certains enseignements sont susceptibles d'être mis en œuvre au sein de la Cour, sans attendre de nouvelles dispositions législatives ou réglementaires, mérite une étude approfondie.
L'expérience hollandaise pourrait également entrer dans notre champ d'investigation. Rien ne nous empêche par ailleurs de réfléchir sur une évolution du droit notamment au regard de la transposition de la directive européenne.
La troisième pourrait être consacrée à la promotion interne et à la promotion externe de la médiation. Concernant la promotion interne, j'attends de vous des conseils afin de donner une véritable impulsion à la médiation sur le ressort.
Autrement dit, comment convaincre les magistrats et les auxiliaires de justice de recourir à la médiation? Ne serait-il pas temps par exemple d'intégrer les mesures de médiation dans les statistiques mensuelles de l'activité des juridictions? La présence parmi nous de madame la sous-directrice de la formation continue de l'école nationale de la magistrature, nous sera d'un précieux secours pour sensibiliser les magistrats à la médiation.
En ce qui concerne la promotion externe, pourquoi ne pas organiser une communication sur le sujet en partenariat avec les auxiliaires de justice, les différents lieux d'accès aux droits, les organismes de formation de médiation, les élus locaux ou tout autre partenaire institutionnel concerné.
Enfin, la dernière séance pourrait être consacrée à l'examen du statut des médiateurs. Comment choisir les médiateurs judiciaires? Quelle formation doivent-ils recevoir? Faut-il établir une liste de médiateurs de la Cour d'Appel de Paris? Et si oui, comment établir cette liste?
Concernant la méthodologie du groupe de travail, je vous propose de procéder de la manière suivante. À chaque séance deux rapporteurs pourraient être désignés dont la mission serait de faire le tour de la question abordée. Si monsieur le professeur Jarrosson en est d'accord, celui-ci pourrait faire une synthèse des travaux de chaque séance. Il me semble que, de cette façon, le débat qui s'installera sera des plus constructifs. Par ailleurs, le groupe de travail pourra faire venir lors d'une séance un grand témoin particulièrement compétent sur la question abordée.
Évidemment toutes vos suggestions sont les bienvenues.
Madame Ravanel et monsieur Vert seront chargés d'animer et d'organiser les séances de travail. Je vous remercie encore d'avoir accepté d'y participer souhaitant en voir l'aboutissement pour la fin du mois de juin 2008.
Le 11 février 2008,
Président du groupe:
Jean-Claude Magendie Premier Président de la Cour d'appel de Paris
Animateur du groupe:
Fabrice Vert chargé de mission auprès du premier président
Secrétaires de séance:
Valérie Dervieux vice-présidente chargée du tribunal d'instance Paris 2ème.
Orianne Louail assistante de justice
Membres du groupe:
Jean-Pierre Ancel président de chambre honoraire à la Cour de cassation, président de la commission d'agrément et de nomination des médiateurs du CMAP
Jacques D'Arjuzon juge au tribunal de commerce de Paris, délégué aux modes alternatifs de résolution des litiges
Marc Bailly vice-président au TGI de Bobigny
Claire Barbier conseillère à la Cour d'appel de Paris
Christian Bénasse notaire représentant le président de la chambre interdépartementale de Paris
Stephen Bensimon professeur et directeur pédagogique d'IFOMENE
Jacques Bichard président de chambre à la Cour d'appel de Paris
Michèle Blin vice-présidente chargée du tribunal d'instance, Paris 5è
Martine Bourry d'Antin avocate, ancien Membre du Conseil de l'Ordre Délégué à la Médiation, président d'Honneur de l'Association des Médiateurs Européens
Alain Brisac expert à la Cour d'appel de Paris, secrétaire général de l’Association Nationale des Médiateurs.
Christian Charrière-Bournazel bâtonnier de l'ordre des avocats à la Cour d’appel de Paris
Sonia Cohen-Lang avocate
Marie-Françoise Cornieti avocate honoraire, présidente MEDIATION BARREAU 93
Marie-Pierre Certin-Teitgen avocate
Dominique Dollois avocate, médiatrice
Christian De Baecque président du tribunal de commerce de Paris
Catherine Deslaugiers-Wlache présidente de chambre à la Cour d'appel de Paris
Danièle Ganancia vice-présidente, juge aux affaires familiales au TGI de Paris
Nathalie Galvez greffière à la 24ème chambre de la Cour
Dominique Gantelme avocate
Hélène Gebhardt magistrate honoraire, secrétaire général de GEMME
Bénédicte Gilet magistrat au TGI de Créteil
Sophie Grall vice-présidente TGI de Fontainebleau
Gabriel Grosjean expert judiciaire à la Cour d'appel de Paris, médiation Cour d'appel de Paris
Michèle Guillaume-Hofnung professeure de droit, médiatrice
Michel Guizard avoué à la Cour
Charles Jarrosson professeur à l’Université de Paris II Panthéon-Assas, directeur du Master Contentieux, arbitrage et modes alternatifs de règlement des conflits
Isabelle Jues présidente de l'AMPF (association pour la médiation familiale)
Patricia Lefèvre vice-présidente au TGI de Melun
Morgane Le Douarin magistrat
Françoise Lucat vice présidente TGI Paris- 2ème chambre
Jean-François Moreau ancien Bâtonnier (Créteil)
Isabelle Nicolle première vice-présidente au TGI de Paris
Jacques Pellerin président de la chambre des avoués de Paris
David Peyron conseiller à la Cour d'appel de Paris
Jean-Yves Pinoy magistrat au TGI d'Auxerre
Gabriel Planes présidente de l'association nationale des médiateurs
Marie-Hélène Pomarede-Noir vice-présidente au TGI d'Evry
Benoît Rault président du TGI de Meaux
Mme Marie-Paule Ravanel conseillère à la Cour d'appel (23ème chambre)
Isabelle Schmelck sous-directrice de la formation continue à l'ENM
Pauline Szczurkowski magistrat au TGI de Sens
Sylvain Tandeau de Marsac avocat, président de l'AME
Véronique Tuffal-Nerson avocat à la Cour
Elodie-Anne Télémaque avocat
Agnès Thaunat vice-présidente TGI Paris – 3ème Chambre
Marie-Dominique Vergez conseillère à la Cour d'appel
Gabrielle Vonfelt conseillère à la Cour d'appel de Paris
Ivan Zakine président de chambre honoraire à la Cour de cassation, conseiller du CMAP
Dans une société où le lien social est de plus en plus distendu, où l'on a de plus en plus recours à la justice, la médiation apparaît de manière de plus en plus prégnante dans le débat public.
Ainsi vient d'être adoptée et publiée le 21 mai 2008 la directive 2008/52/CE du Parlement Européen et du Conseil sur certains aspects de la médiation en matière civile et commerciale. Son objectif est de faciliter l'accès à des procédures alternatives de résolution des litiges et de favoriser leur règlement amiable, en encourageant le recours à la médiation et en garantissant une articulation satisfaisante entre la médiation et les procédures judiciaires. Il appartiendra donc à la France, en application de l'article 12 de cette directive, de la transposer avant le 21 mai 2011. Si cette directive ne vise que les litiges transfrontaliers, son exposé des motifs énonce (paragraphe8) que rien n'empêche les Etats membres d'en appliquer les principes aux processus des médiations internes.
Déjà, la loi du 17 juin 2008 a modifié l'article 2238 du Code civil, disposant que la prescription, après la survenance d'un litige, est suspendue lorsque les parties conviennent de recourir à la médiation, et ce, à compter du jour de la première réunion de médiation.
Plus récemment encore, le 30 juin 2008, Monsieur le recteur Serge Guinchard, président du groupe de travail sur la répartition des contentieux civils des juridictions, a remis à Madame Rachida Dati, Garde des Sceaux, son rapport sur « l'ambition raisonnée d'une justice apaisée ». Ce rapport se réfère, entre autres, à la médiation en formant des préconisations pour en assurer « la montée en puissance ». Dans son allocution du même jour, Madame le Garde des Sceaux a déclaré « partager totalement la proposition de développer la médiation, notamment en matière familiale ».
Parallèlement Monsieur Jean-Michel Darrois, avocat au barreau de Paris, s'est vu confier par le Président de la République la présidence d'une commission de réflexion "tendant à réformer la profession d'avocat avec, comme objectif, la création d'une grande profession du droit", la lettre de mission, exposant notamment que "le recours aux modes alternatifs de règlement des différends en matière commerciale ou familiale s'impose peu à peu comme un mode pacifié des règlements des litiges dans lequel l'assistance d'un conseil conduit à redéfinir ses missions".
Enfin, dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), le Président de la République a annoncé le 11 juin 2008 différentes mesures parmi lesquelles le développement de la médiation en cas de litige.
Il existe ainsi une véritable volonté politique de donner une impulsion significative au développement de la médiation.
Déjà, Monsieur Jacques Chirac, lors d'un colloque en février 1998 à la Sorbonne appelait de ses vœux le développement de la médiation, notamment judiciaire, qui a été instituée par la loi du 8 février 1995.
De nombreuses initiatives individuelles, en particulier de responsables de juridictions, ont été prises pour rendre effective la médiation judiciaire, tentant de convaincre les juges de recourir à ce mode alternatif de règlement des conflits en les sensibilisant à cette technique particulière, et pour organiser la constitution d'une liste de médiateurs présentant des qualités adéquates.
De nombreux barreaux, comme celui de Paris, des universités, des organismes professionnels se sont investis pour promouvoir ou rendre effective la médiation.
Dès 1995, en partenariat notamment avec le tribunal de commerce de Paris et l'Ordre des Avocats au Barreau de Paris, la Chambre de commerce et d'industrie de Paris a créé Le Centre de médiation et d'arbitrage de Paris (CMAP), dont l'un des objectifs annoncés était précisément d'être à la disposition des magistrats désireux de mettre en œuvre les médiations judiciaires, en application de la loi du 8 février 1995.
En 1998, le barreau de Paris, en concertation avec les magistrats, a mis en place une formation à la médiation, s'adressant essentiellement aux avocats, en partenariat avec l'Institut Catholique: création de l'IFOMENE (Institution de Formation à la Médiation et à la négociation). Cet organisme travaille aux côtés de la Fédération Nationale des Centres de Médiation. La FNCM regroupe quelques 1200 médiateurs, dans 60 centres souvent pluridisciplinaires créés par les Barreaux.
Le centre d'études de modes alternatifs de règlement de l'Université de Paris 2 (CEMARC) et le centre de formation permanente de Paris 2 dispensent également des formations à la médiation.
A un niveau national, le Conseil national des barreaux (CNB) veille au développement de la médiation de manière harmonieuse sur toute la France.
Avec ces mêmes partenaires, et pour garantir aux prescripteurs des médiations judiciaires et conventionnelles la sécurité du processus de médiation et la fiabilité des accords, l'ordre des avocats de Paris a créé une structure d'encadrement de ses médiateurs, qui s'appelle l'Association des médiateurs européens (AME).
Des magistrats ont également pris l'initiative de créer le Groupement européen des magistrats pour la médiation (GEMME) qui offre aux magistrats des formations, soit pour leur mission de conciliation, soit pour leur mission de prescripteur de médiation, contribuant à la qualité de la formation des médiateurs tant sur le plan déontologique que méthodique, tout en veillant à l'harmonisation des pratiques.
Par ailleurs, un arrêté conjoint du garde des sceaux et de la ministre chargée de la famille du 6 novembre 2001 a institué pour trois ans un conseil national consultatif de la médiation familiale qui a notamment donné une définition de la médiation familiale.
Ainsi, plus de 300 services de médiation familiale adhèrent aujourd'hui à la Fédération Nationale de la Médiation Familiale (FENAMEF). L'Association pour la Médiation familiale (APMF) créée en 1988 représente quant à elle plus de 600 médiateurs familiaux. De son côté, l'Association Nationale des Médiateurs (ANM) regroupe des médiateurs issus de divers horizons.
De ces différentes expériences, il ressort un certain nombre d'acquis en matière de médiation.
Chacun a en effet désormais conscience de l'importance d'une rigueur terminologique, de la nécessité d'une définition claire et précise de la médiation: "bien nommer, c'est bien faire". La médiation est un processus et non une procédure. Elle suppose une véritable liberté des parties pour nouer ou renouer un lien entre elles avec l'aide d'un tiers neutre, impartial, ne dépendant d'aucune autorité, sans pouvoir de décision.
Or, certaines personnes qui se proclament médiateurs - ce terme étant particulièrement valorisant - participent en réalité à des expériences de conciliation ou de défense des droits de certaines catégories de la population, ce qui est d'ailleurs tout aussi honorable. En outre la médiation, selon les domaines, se voit conférer une définition différente.
Tout ceci a pour conséquence de créer une confusion entre les notions d'arbitrage, de conciliation, de négociation, de transaction ce qui, pour certains pionniers de la médiation, expliquerait l'absence de développement de cette dernière dans les pratiques judiciaires.
Lors du séminaire européen "Médiation sociale et nouveaux modes de résolution des conflits de la vie quotidienne" organisé à Créteil en septembre 2000 dans le cadre d'une présidence française de l'Union Européenne, la médiation a été définie comme un processus de création et de réparation du lien social et de règlement des conflits de la vie quotidienne dans lequel un tiers impartial et indépendant tente, à travers l'organisation d'échanges entre les personnes ou les institutions, de les aider à améliorer une relation ou à régler un conflit qui les oppose.
La médiation judiciaire, selon la définition du GEMME, consiste à confier à un tiers impartial, qualifié et sans pouvoir de décision sur le fond, "le médiateur", la mission d'entendre les parties en conflit et de confronter leurs points de vue au Cours d'entretiens, contradictoires ou non, afin de les aider à rétablir une communication et à trouver elles-mêmes des accords mutuellement acceptables.
Sa réussite suppose également une prise de conscience de l'unité fondamentale de la médiation qui est issue de la société civile ; il est impératif de ne pas couper la médiation judiciaire de cette dernière.
Ont également émergé l'exigence de principes déontologiques (ainsi a été adopté en juillet 2004 un code de conduite européen pour les médiateurs) et la nécessité d'une formation des médiateurs.
S'il apparaît nécessaire, pour assurer le développement de la médiation, de la structurer a minima -les initiatives individuelles ayant trouvé leurs limites- en revanche, il serait contre-productif de la rigidifier et de l'enfermer dans une codification. Ce mode alternatif de règlement des litiges, où l'équité a toute sa place, ne peut être assimilé à une procédure dès lors que l'aspect informel de la médiation doit être préservé pour en sauvegarder sa spécificité: à savoir la souplesse et l'adaptabilité. Ce serait également contraire à la nature même de la médiation fondée sur la liberté et responsabilisation de ses acteurs, de l'instaurer comme un préalable obligatoire à toute saisine du juge du fond. En revanche, il serait parfaitement envisageable de généraliser la faculté pour le juge d'enjoindre aux parties de s'informer sur la médiation.
Le respect de ces acquis est le gage de réussite de la médiation, et c'est sur ce socle que le groupe de travail s'est appuyé pour former ses propositions en vue de la structurer tout en respectant son essence de liberté.
Dans ce contexte, le groupe de travail a orienté ses travaux ainsi :
Tout d'abord, il a été dressé un état des lieux aussi bien des textes que de la pratique, suivi d'un bilan, l'objectif étant de comprendre les raisons du faible développement de la médiation judiciaire, malgré les initiatives rappelées plus haut.
Il a semblé de bonne méthode de procéder à une observation de l'existant avant d'émettre des propositions.
Ensuite il a été convenu d'examiner plus particulièrement un champ de la médiat